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Saint-Auvent
C'est de l'observatoire sur lequel il s'est hissé que le bourg de Saint-Auvent peut voir se dérouler son histoire. Ce piton rocheux, sculpté par l’érosion au confluent de la Gorre et du Gorret, était une plateforme militaire idéale et ses occupants successifs en tirèrent longuement profit. Ce fut, tour à tour, un oppidum celte pointé par les Lémovices en direction des Pictons, une station de guet (et d’entretien) établie par les soldats romains au-dessus de la"Via Agrippa" Lyon- Saintes et, après l’An Mil, une maison-forte auxiliaire de la Vicomté de Rochechouart naissante. Cette situation privilégiée au sein de la Vicomté a marqué profondément l’histoire auventaise, jusqu’à l’aube du XXe siècle.
À connaître :
- le château des XIe et XVIIIe siècles, ses allées et ses porches (vestiges du parc d'autrefois),
ses expositions estivales d'Art Contemporain ;
- les dolmens et menhirs de Chez-Moutaud, de Chante-Bœuf et du Caillou Blanc ; les vestiges des voies romaines et médiévales ;
- les gorges de la Gorre et du Gorret, leurs moulins papetiers et à foulons, leurs ponts ;
- le bel étang de la Pouge et sa remarquable faune aquatique (inscrits à Natura 2000) ;
- le puits à balancier (la "cigogne") de la Berthe et les nombreux villages pittoresques ;
- les bonnes fontaines et les diverses croix de carrefours, de missions et de rogations ;
- le Sanctuaire de Notre-Dame de la Paix, dans le cadre superbe de la vallée de la Gorre ;
- le site exceptionnel de son bourg, ses remparts, ses ruelles, ses anciennes demeures disposées en cingle autour de la place, ses jardins en terrasse et ses cours entourées de murs en pierres sèches ;
- l’église consacrée en 1230 à Audentius ; la petite cité, appelée Romevieille sous la domination romaine, prit alors
le nom de Saint-Auvent ;
- le cippe gallo-romain à gauche de l'entrée de l'église ;
Lexique :
*Oppidum. Camp fortifié celte, placé en hauteur et dominant les alentours.
*Moulin à foulon. Moulin équipé d’une machine à presser des textiles, des peaux ou des poils pour en faire des tissus ou des feutres.
*Cippe. Coffre funéraire en forme de colonne, d’époque gallo-romaine : il est destiné à recueillir les cendres.
*Croix. Très représentatives de la société d’autrefois, imprégnée de religion, elles sont
nombreuses. Parmi elles, les plus antiques sont les croix de carrefours.
Les carrefours ont eu longtemps mauvaise réputation ; jadis, pour neutraliser ces lieux propices aux manifestations des esprits malfaisants, les hommes y élevaient des colonnes ou des autels.
Les chrétiens leur ont substitué la croix de Jésus pour implorer la protection divine contre ces forces maléfiques. Les croix de rogations ont jalonné, jusqu’aux temps modernes, les grandes processions de trois jours (chaque année avant l’Ascension) qui appelaient la
bénédiction de Dieu sur les récoltes à venir.
Les croix de missions sont érigées à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle : la déchristianisation des campagnes amène l’évêché
à envoyer des prédicateurs pour lutter contre l’impiété et ranimer la foi ; des croix - d’abord de fonte moulée et peinte, puis de fer forgé - perpétuent le souvenir de ces missions.

Superficie: 3346 ha
Habitants: 931